Entretien de L. Fabius avec le quotidien « Aujourd’hui en France »

(Paris, 8 janvier 2014 - Extraits)

Q - Un mois après le début de l’opération Sangaris en Centrafrique, on a l’impression que la France risque déjà l’enlisement...

R - La situation est difficile mais on ne doit certainement pas parler d’enlisement. Que se serait-il passé si nous n’étions pas intervenus ? Probablement dix fois, cinquante fois plus de victimes ! On ne peut pas, quand on s’appelle la France et qu’on est sollicité par les Africains et par l’ONU, passer à côté et fermer les yeux. Des problèmes existent, la situation politique n’est pas stabilisée, mais l’objectif doit être maintenu : désarmer impartialement, rétablir la sécurité, faciliter l’aide humanitaire, préparer la transition politique. Personne ne pouvait penser qu’en un mois tout serait réglé.

Q - La France doit-elle envoyer des renforts militaires sur place ?

R - Nous n’avons pas vocation à nous substituer aux Africains. La Misca (force d’interposition africaine) monte en régime et passera bientôt à 6.000 hommes. Elle joue déjà son rôle sur le terrain. Nous maintiendrons notre contingent de 1.600 hommes. Une stabilisation politique de la situation sera capitale.

Q - Les sondages montrent que cette intervention n’est pas très populaire...

R - C’est compréhensible. Beaucoup estiment que la Centrafrique est loin, que les problèmes sont complexes, que cela a un coût, ce qui est exact ; mais d’un autre côté, ils admettent tout à fait qu’on doive venir en aide à des amis qui sont en train de se noyer et assumer nos responsabilités internationales. En RCA, nous tiendrons nos engagements comme nous l’avons fait au Mali. Il n’y aura pas d’engrenage. (…)./.

publie le 10/01/2014

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