François Hollande rend hommage aux soldats morts en RCA

Central African Republic/deaths of two French soldiers – Communiqué issued by the Presidency of the Republic

Paris, 10 December 2013

The President was deeply saddened to learn of the deaths in action in Bangui last night of two French soldiers of the 8th Marine Infantry Parachute Regiment, based in Castres. They lost their lives to save many others.

He extends, with emotion, his sincere condolences to their families and close friends and assures them of the nation’s solidarity in these painful circumstances.

The Head of State expresses his profound respect for the sacrifice of these two soldiers and reaffirms his complete confidence in the French forces engaged alongside the African forces to re-establish security in the Central African Republic, protect the people and guarantee access to humanitarian aid./.


République centrafricaine/Sommet de l’Elysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique – Réponse de M. François Hollande, Président de la République (extraits)

Paris, 7 décembre 2013

Q. - L’intervention française en Centrafrique, avez-vous dit, sera rapide, elle n’a pas vocation à durer. Votre ministre de la Défense parle de 6 mois, certains en doutent déjà, est-ce que vous-même 6 mois, 1 an cela vous semble un délai raisonnable, plus, est-ce que c’est plus possible, y a-t-il une limite ? Second point sur cette affaire, les forces françaises ont-elles vocation à se déployer sur l’ensemble du territoire centrafricain ? Et dans ces conditions – et c’est mon troisième point – 1.200 hommes est-ce que ce sera suffisant, la France devra-t-elle en déployer davantage, est-ce possible ? Les exactions se poursuivent en ce moment même.

LE PRESIDENT : La seule question qu’il convient de poser, la seule que je me suis posé, c’est intervenir ou ne pas intervenir, laisser les massacres se perpétrer ou les arrêter, regarder des femmes et des enfants être violentés ou faire impérativement cesser ce carnage ? Dès lors que le Conseil de Sécurité – et j’en remercie le secrétaire général – a pu dans un délai court et après le cri que j’avais lancé lors de l’Assemblée générale des Nations Unies au mois de septembre, faire voter une résolution, la 21.27, donnant mandat à une force africaine pour arrêter ceux qui se livraient à ce type d’exaction, remettre de la sécurité, protéger la population, alors oui, jeudi soir j’ai décidé que la France appuierait la force africaine.

Jeudi soir, il y avait 600 militaires français, hier soir il y en avait 1.000, ce soir il y en aura 1.600 et ce sera l’effectif qui demeurera autant que nécessaire pour cette mission. Vous m’avez demandé combien de temps, cette force sera déployée le plus rapidement possible et partout où il y a des risques pour la population, avec les forces africaines qui sont présentes, elles sont au nombre de 2.500 soldats. Dans un délai je crois court, nous pourrons faire cesser toutes les exactions et les massacres. Selon mes informations, il y en a peu aujourd’hui, alors que sur la seule journée de jeudi les chiffres étaient effrayants puisqu’il y aurait eu 300 morts.

Deuxième temps de la mission, ce sera de désarmer toutes les milices, tous les groupes qui terrorisent la population. Et troisième temps de la mission, permettre aux autorités centrafricaines, je salue ici le Premier ministre, de pouvoir reprendre le contrôle du territoire et d’assurer la défense de la population. Et nous ne nous arrêterons pas là même s’il n’y aura pas besoin d’avoir autant de forces déployées, il s’agira là encore comme au Mali de conclure l’opération par la tenue d’élections.

Si je fais une comparaison et elle mérite d’être prise avec beaucoup de prudence, au Mali il s’agissait de lutter contre une offensive terroriste, avec des groupes particulièrement armés et entraînés qui occupaient déjà un territoire. En quelques mois, je dis bien en quelques mois, nous avons repoussé cette offensive, nous l’avons défaite et nous avons permis au Mali de retrouver l’intégrité de son territoire, de faire voter la population pour l’élection présidentielle, c’était au mois de juillet, et second tour du scrutin pour les élections législatives aura lieu le 15 décembre.

Et les effectifs de l’armée française, comme les effectifs d’ailleurs des forces africaines, devront s’adapter à cette nouvelle situation, et j’ai dit qu’il y aura une diminution tout au long des prochains mois. Eh bien ! En Centrafrique, autant il faut frapper fort tout de suite, c’est pourquoi il y a eu en 2 jours – et je veux saluer les soldats et l’organisation sous la houlette du ministre de la Défense et du chef d’état-major des armées – je veux saluer effectivement cette opération puisque nous aurons 1.600 hommes et qu’il y a déjà une respiration pour les Centrafricains.

J’apprenais que nos troupes avaient pu être accueillies dans des villages ou des villes avec une fois encore la liesse des Centrafricains, comme hier des Maliens, parce que nous sommes regardés comme ceux qui pouvons apporter la paix et la sécurité. Donc une opération qui sera rapide, une opération qui sera efficace mais qui devra franchir toutes les étapes avec les Africains, mettre hors d’état d’utiliser des armes les groupes qui les détiennent, retrouver la stabilité et permettre le moment venu des élections libres et pluralistes dans ce pays. (...)

Puisque je parle de la Centrafrique, la seule question que je redoutais que l’on me pose, ce n’était pas : « pourquoi la France est-elle intervenue ? » Celle-là j’avais la réponse. C’était : « pourquoi la France risquait-elle d’intervenir si tard ? » Parce que si nous n’étions pas intervenus, avant-hier soir, il y aurait eu encore des massacres, il y aurait eu encore des femmes violentées, il y aurait eu encore des enfants qui auraient été tués, il y aurait eu des exactions qui auraient été perpétrées dans les hôpitaux, comme cela s’est produit. (...) ./.

publie le 12/12/2013

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