Les relations économiques entre la France et l’Afrique du Sud

L’Afrique du Sud, un acteur économique majeur

L’Afrique du Sud est la première économie d’Afrique Australe (représentant près des deux-tiers du PIB de la sous-région) et la deuxième au niveau du continent africain (370 Mds USD en 2018), derrière le Nigéria mais devant l’Egypte. En 2018, le pays affiche un PIB par habitant de 6 377 USD, dans le top 10 des pays africains, loin devant les autres grandes économies, avec probablement la classe moyenne la plus nombreuse alors que le pays ne compte que 56 M d’habitants. Par ailleurs, l’Afrique du Sud est le seul pays africain membre des BRICS et du G20.

L’Afrique du Sud est un pays émergent dotée d’une économie moderne, relativement diversifiée et qui dispose de nombreux atouts : des ressources naturelles abondantes, une agriculture commerciale performante et une industrie puissante et compétitive (automobile notamment), une bonne insertion dans le commerce mondial, un environnement législatif adapté aux affaires, des institutions judiciaires fortes et indépendantes, des infrastructures de très bonne qualité, un secteur financier fort (20% du PIB) et sophistiqué. Toutefois, l’économie reste relativement dépendante du secteur minier (8% du PIB ; or, platine, diamant, ferrochrome, manganèse, charbon, etc.) qui représente encore la moitié des recettes d’exportations.

Des progrès sociaux importants ont été réalisés depuis la fin de l’apartheid, notamment en termes d’amélioration des conditions de vie de la population (accès à l’eau et à l’électricité, taux de scolarisation, réduction de l’extrême pauvreté), mais l’Afrique du Sud reste un pays où les problèmes sociaux restent très marqués : pauvreté, inégalités et criminalité. Ainsi, fin 2018, le taux chômage s’élevait à 27,7% ; l’espérance de vie est en constante diminution depuis plus de 20 ans (à 63 ans en 2018) ; le niveau d’inégalité est un des plus élevé au monde et supérieur au niveau du début des années 2000. Ces mauvaises performances s’expliquent en partie par la faiblesse de la croissance observée depuis la fin des années 2000 (avec des taux annuels moyens compris entre 0 et 3%) et en deçà de la croissance démographique (1,2%) depuis cinq ans.

Commerce bilatéral

Le commerce bilatéral total entre la France et l’Afrique du Sud s’est élevé à 3 Mds EUR en 2018 – en progression de 3% par rapport à 2017. Pour la deuxième année consécutive, les exportations de la France à destination de l’Afrique du Sud ont diminué (- 11%) tandis que nos importations en provenance du pays ont augmenté (+25%). En résulte une diminution de notre excédent commercial qui ne cesse de se contracter depuis 2014, pour atteindre 220 MEUR en 2018. En 2018, l’Afrique du Sud ne représente plus que 0,3% des exportations totales de la France, mais le pays reste notre premier client en Afrique subsaharienne (16% de nos exportations à destination de la région), devant la Côte d’Ivoire (11%) et le Sénégal (8%). La part de marché de la France en Afrique du Sud s’est réduite à 2,2% en 2018 (contre 3% au début des années 2010). Nous sommes désormais le 11ième fournisseur du pays.

Investissement

Le stock des Investissements Directs Etrangers (IDE) français en Afrique du Sud a fortement augmenté depuis l’an 2000, passant de 91 MEUR à 2,5 Mds EUR fin 2017, soit une progression plus rapide que l’ensemble des IDE sud-africains sur la période : +640% contre +485%. Avec 0,7% des IDE entrants totaux (14ième rang des investisseurs étrangers), la présence française reste toutefois modeste, en comparaison des autres pays, européens en particulier. En effet, le Royaume-Uni se positionne comme le 1er investisseur en Afrique du Sud en 2017 (avec un stock de 35 Mds EUR, représentant plus de 25% du total), suivi par les Pays Bas (18%), la Belgique (15%) et l’Allemagne (5%). Les investissements français se concentrent dans l’industrie manufacturière (44% – industries chimiques et pharmaceutiques, en particulier), dans les industries extractives (17%, pétrole notamment) et dans les services financiers (16%).

En moyenne, sur les cinq dernières années les flux d’IDE entrants français en Afrique du Sud, se sont élevés à 9 MEUR, avec des disparités importantes – et le bon résultat enregistré en 2017 (+74 MEUR) n’a pas permis de compenser les contreperformances des années précédentes (désinvestissement de 205 MEUR en 2016 et de 14 MEUR en 2015). La dynamique des investissements en provenance des Pays-Bas (1,1 Md EUR sur 5 ans), du Luxembourg (420 MEUR) ou d’Allemagne (320 MEUR) est bien meilleure. Seul le Royaume-Uni enregistre un désinvestissement sur la période, dynamique que l’on observe depuis 2014.

- Plus d’informations sur le site du Service Économique Régional : https://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/afrique-du-sud

publie le 23/07/2019

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