Sciences et technologie

L’Afrique du Sud est un partenaire scientifique de poids pour la France et pour l’Union européenne. En termes de co-publications, l’Afrique du Sud cumule à elle seule 30% des co-publications du con-tinent africain. La France est le 5ème partenaire de l’Afrique du Sud avec 5433 publications cosi-gnées sur 2016-2020, après les USA, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Australie. « Les co-publications franco-sud-africaines augmentent en moyenne de 16% par an depuis 2008. »

Afin de renforcer les liens scientifiques entre la France et l’Afrique du Sud, l’Ambassade de France en Afrique du Sud met en place des actions ciblées permettant le développement des échanges scientifique et technologiques entre les deux pays.

Le Partenariat Hubert Curien (PHC) PROTEA

Le PHC PROTEA finance la mobilité de chercheurs dans le cadre de projets de recherche conjoints entre la France et l’Afrique du Sud. Créé en 1997, il est cofinancé par, côté français, par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) en lien avec le ministère de l’Enseignement supé-rieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), et coté sud-africain par la National Research Foundation (NRF).

Pour plus d’informations sur les PHC, vous pouvez consulter le site de Campus France.

En Afrique du Sud, le PHC PROTEA fonctionnait, depuis sa création, sur un appel bisannuel. De-puis l’année dernière, et afin de permettre à un nombre plus important de chercheurs de pouvoir par-ticiper à ce programme, le PHC PROTEA fonctionne désormais sur un appel à proposition annuel.

Une fois les candidatures fermées, une double évaluation des propositions co-déposées, en parallèle en France et à l’étranger, est effectuée. La sélection des projets se fait ensuite par un comité mixte qui se réunit alternativement en France et à l’étranger ou parfois par visioconférence. En 2020, 8 projets au total ont été sélectionnés dans le cadre du Programme Hubert Curien. La sélection a été effectuée sur un total de 55 candidatures.

L’appel à projet PROTEA 2022 sera mis en ligne à la fin du mois de janvier 2021 sur le site de Campus France et les candidatures seront ouvertes jusqu’au 31 mars 2021.

Les Bourses du Gouvernement Français (BGF)

Les bourses du gouvernement français représentent le principal outil d’attractivité de la France en Afrique du Sud. Chaque année, un appel à candidature est ouvert pour les étudiants sud-africains souhaitant poursuivre des études en France au niveau master et doctorat.

En raison des différences entre les calendriers des hémisphères Nord et Sud (l’année universitaire débutant entre septembre et octobre en France et entre février et mars en Afrique du Sud) l’Ambassade de France en Afrique du Sud a mis en place, depuis l’année dernière, la possibilité pour les lauréats de suivre un parcours spécifique en Afrique du Sud de mars à juillet 2021. Ce par-cours permettra aux lauréats de suivre, avant leur départ pour la France, des cours de français en ligne organisés par le réseau des Alliances françaises. Ils auront également la possibilité d’effectuer un stage dans des entreprises françaises basées en Afrique du Sud.

Le programme de bourses France - Afrique du Sud de l’Ambassade de France en Afrique du Sud est basé sur un appel à candidatures très sélectif afin de renforcer les échanges de haut niveau entre la France et l’Afrique du Sud. Un comité consultatif, mis en place par l’Ambassade de France, est chargé d’assurer le suivi du programme et du processus de sélection. Le comité consultatif com-prend des représentants du ministère de l’enseignement supérieur et de la formation (DHET), du ministère des sciences et de l’innovation (DSI), de la Fondation nationale pour la recherche (NRF), de la Chambre de commerce et d’industrie France-Afrique du Sud (FSACCI), du bureau commun du CNRS, de l’IRD et du CIRAD en Afrique du Sud ainsi que des universitaires français et sud-africains de haut niveau.

Depuis cette année, un site internet dédié au dépôt des candidatures a été mis en place.

Les principales thématiques de collaboration entre la France et l’Afrique du Sud

Les océans. Les sciences marines (océanographie, halieutique) sont une priorité de l’Afrique du Sud, pays bordé par 3 océans, et situé dans une zone caractérisée par des courants marins majeurs (Ai-guilles et Benguela) avec des transferts de chaleur dont les études contribuent à mieux comprendre le changement climatique.

Les sciences marines constituent également un des domaines emblématiques et historiques de la col-laboration scientifique entre la France et l’Afrique du Sud. Du côté de l’Afrique du Sud, l’Université du Cap (UCT) et l’Université Nelson Mandela (NMU) sont des partenaires majeurs de la France dans le domaine des océans et des sciences marines. Côté français, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) est le plus engagé avec le Centre national pour la recherche scienti-fique (CNRS), suivis par l’IFREMER, Sorbonne Université et l’IUEM (Brest). L’IRD a soutenu un laboratoire mixte international, ICEMASA (2009-2018), associant UCT, le Department of Envi-ronmental Affairs (DEA) et le Department of Agriculture, Forestry and Fisheries (DAFF) en Afrique du Sud.

Quatre unités mixtes de recherche ont également été créées, MARBEC (Montpellier), LEGOS (Tou-louse), LOPS (Brest), et LEMAR (Brest) et le CNRS-INSU qui ont eu un rôle majeur en termes de production scientifique et de formation par la recherche. L’UMR LOCEAN est également active dans ces collaborations en sciences marines actuellement menées au moyen de différents projets de recherche financés, notamment dans le cadre de Horizon 2020 et de l’Agence national de la re-cherche (ANR).

Les énergies. L’Afrique du Sud se place comme un acteur majeur dans le domaine des énergies nouvelles. En octobre 2020, un atelier conjoint sur l’hydrogène a réuni les acteurs de la recherche et les industriels. Les discussions ont permis de dégager des pistes d’échange d’intérêt mutuel et un comité de pilotage conjoint a été mis en place.

La radio-astronomie. Le Square Kilometre Array (SKA) est un projet international de radiotéles-copes répartis sur deux sites en Afrique du Sud et en Australie. Il est le plus grand projet dans le domaine de la radioastronomie à l’échelle mondiale des 15 prochaines années et sera amené à pro-duire un nombre de données relativement important, permettant ainsi la levée de verrous technolo-giques.
Depuis le 15 décembre 2020, la France fait désormais partie de “SKA Observatory” et apportera sa contribution au projet SKA à hauteur de 48 millions d’euros sur 10 ans.

Les sciences humaines et sociales. L’IFAS-Recherche est un laboratoire de recherche placée sous la double tutelle du CNRS et du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Créé en 1995 et installé à Johannesburg au lendemain de la démocratisation sud-africaine, il promeut des activités scientifiques dans le cadre large des douze pays placés sous son mandat. L’IFAS-Recherche sou-tient les activités de nombreux chercheurs français, européens et africains dans plusieurs disciplines de sciences humaines et sociales, telles que l’histoire, la géographie, l’archéologie, l’anthropologie, la sociologie, la science politique, etc. Ses axes thématiques privilégiés (paléosciences, histoire et pa-trimoine, étude des dynamiques socio-politiques contemporaines) explorent le passé et le présent des sociétés au sein d’un vaste espace qui s’étend de l’Afrique australe à l’Afrique centrale.

Visitez le site internet de l’IFAS-Recherche pour découvrir ses activités.

L’agriculture. L’Institut franco-sud-africain de l’agriculture (F’SAGRI), créé en 2015, prévoit le renforcement des capacités de 3 universités sud-africaines (les Universités de Limpopo, Venda et Fort Hare) et d’instituts de recherche dans les secteurs agricoles et alimentaires. Il prévoit également le développement d’entreprises innovantes et plus généralement un lien étroit avec les entreprises du secteur agricole et agroalimentaire.

Un prix de l’innovation F’SAGRI est organisé tous les ans depuis 2019. Le prix de l’innovation est destiné aux jeunes étudiants et jeunes chercheurs de toutes les universités technologiques d’Afrique du Sud, ou aux nouvelles entreprises émergentes. Les entreprises lauréates s’engagent ensuite dans un partenariat avec les universités partenaires du F’SAGRI, en accueillant des stagiaires, en proposant des cas d’étude ou en participant à des ateliers.

Les sciences de l’ingénieur. L’Afrique du Sud et la France possèdent des partenariats forts dans le domaine de l’ingénierie, avec plusieurs centres de formation dans ce domaine :

  • Le F’SATI est un centre de formation et de recherche en technologie. Créé en 1994, il pro-pose aujourd’hui des formations en doubles diplômes qui permettent aux étudiants d’obtenir à la fois un master sud-africain délivré par l’Université de Technologie de Tshwane ou l’Université de Technologie de la péninsule du Cap (CPUT) et un diplôme français des éco-les d’ingénieurs ESIEE Paris et ESIEE Amiens. Les étudiants peuvent ensuite poursuivre leurs études au niveau doctoral et faire des thèses en co-tutelle pour recevoir la reconnais-sance d’un doctorat sud-africain et d’un doctorat français de l’Université Paris Est Créteil (UPEC) ou de l’Université de Versailles Saint Quentin. Un pôle d’ingénierie des systèmes de satellite a été créé en 2009. Cette formation universitaire de troisième cycle est assurée notamment par des ingénieurs du groupe EADS Astrium et s’inscrit ainsi dans le cadre de la collaboration spatiale entre la France et l’Afrique du Sud.
  • Le French-South African Schneider Electric Training Center a été inauguré en 2012 en parte-nariat avec Schneider Electric et le ministère de l’Education nationale français, et est accueil-li au sein de l’université technologique VUT (province du Free State). Le centre vise à for-mer des techniciens et techniciens supérieurs dans les domaines de l’électricité, de l’énergie et du contrôle des systèmes automatisés.
  • Le Product Lifecycle Management Competency Centre (PLMCC) est un centre de formation d’ingénieurs dans les industries et les laboratoires ouvert en 2012. La formation est basée sur l’étude de logiciels de modélisation en trois dimensions développés par Dassault Systèmes et propose aux étudiants des connaissances approfondies sur des normes mondiales pour le dé-veloppement de nouveaux produits dans de nombreux domaines industriels.

Un poste d’ETI (Expert Technique International) a été ouvert depuis cette année. Il travaillera à la fois au sein de l’Université de Technologie de Durban (DUT) et au sein de l’Université de Techno-logie de la Péninsule du Cap (CPUT) et permettra la formation de jeunes ingénieurs dans le domaine de la modélisation en trois dimensions.

publie le 01/03/2021

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